Du côté des indices boursiers internationaux :
Au cours du mois de novembre, la crise de la dette souveraine de la zone euro a encore largement préoccupé les investisseurs, ce qui s’est traduit par une nervosité et volatilité exacerbées des marchés financiers. L’attention des intervenants s’est notamment focalisée sur l’Italie, qui a vu le rendement de ses obligations à 10 ans dépasser les 7%, précipitant ainsi Silvio Berlusconi à la démission et son remplacement par l'ex-commissaire européen Mario Monti. Par répercussion, ces tensions ont également touché l’Espagne, la Belgique et la France, incitant les intervenants à fuir les actifs à risque ; le CAC 40 a ainsi abandonné jusqu’à 14% par rapport à la fin octobre, à 2800 points, revenant ainsi à seulement 3,5% de son plus bas annuel marqué en septembre. Les reculs ont toutefois été drastiquement réduits suite à l’action concertée des principales Banques centrales, dont l’annonce a donné lieu à un important rebond.
Récapitulatif des performances mensuelles
| Indice | Pays | Perf. 11/2011 |
|---|---|---|
| Dow Jones 30 | Etats-Unis | 0.76% |
| S&P 500 | Etats-Unis | -0.51% |
| FTSE® 100 | Royaume-Uni | -0.70% |
| DAX 30 | Allemagne | -0.85% |
| DJ Stoxx 600 | Europe | -1.40% |
| Euro Stoxx 50 | Europe | -2.30% |
| Nasdaq Comp. | Etats-Unis | -2.39% |
| CAC 40 | France | -2.72% |
| Nikkei 225 | Japon | -6.16% |
Du côté des indices sectoriels européens et des valeurs françaises
Les secteurs de la banque (-8,28%) et de l’assurance (-4,81%) ont lourdement pâti de ce contexte, comme en témoignent les performances mensuelles de Crédit Agricole (-16,2%), Société Générale (-14,3%), BNP Paribas (-10,3%) et Axa (-8,9%). Le secteur de l’automobile (-5,6%) a quant à lui souffert des craintes de récession, avec Peugeot (-12,8%), Michelin (-10,4%) et Renault (-8,9%). Parmi les composantes de l’indice français, c’est pourtant Alcatel-Lucent (-38,1%) qui a enregistré la plus lourde perte, après avoir déçu la communauté financière suite à l’émission d’un profit warning. Le secteur de l’alimentation (+1,80%) a quant à lui profité de son caractère défensif, à l’image de Pernod-Ricard (+5%), tout comme celui de l’énergie (+0,64%) avec Technip (+2,8%) et Total (+1,4%).
| Secteur DJ Stoxx 600 | Perf. 11/2011 |
|---|---|
| DJ Stoxx 600 Food & Beverage | 1.80% |
| DJ Stoxx 600 Media | 1.04% |
| DJ Stoxx 600 Retail | 0.87% |
| DJ Stoxx 600 HealthCare | 0.85% |
| DJ Stoxx 600 Oil & Gas | 0.64% |
| DJ Stoxx 600 Personal & Household Goods | 0.35% |
| DJ Stoxx 600 Basic Resources | 0.22% |
| DJ Stoxx 600 Chemicals | 0.16% |
| DJ Stoxx 600 Industrial Goods & Services | -0.56% |
| DJ Stoxx 600 Travel & Leisure | -0.76% |
| DJ Stoxx 600 Utilities | -0.83% |
| DJ Stoxx 600 Telecommunications | -0.92% |
| DJ Stoxx 600 Financial Services | -1.29% |
| DJ Stoxx 600 Technology | -2.46% |
| DJ Stoxx 600 Construction & Materials | -4.68% |
| DJ Stoxx 600 Insurance | -4.81% |
| DJ Stoxx 600 Automobile & Parts | -5.61% |
| DJ Stoxx 600 Banks | -8.28% |
Du côté des statistiques macroéconomiques
Aux Etats-Unis, la situation de l’emploi a donné des signes d’amélioration, puisque 120 000 postes ont été créés au cours du mois de novembre, tandis que le chiffre d’octobre a été revu à la hausse, 80 000. Les inscriptions hebdomadaires au chômage restent quant à elles globalement stables autour de 400 000, avec une tendance à la diminution depuis le printemps dernier.

Les opérateurs ont également été rassurés par l’Université du Michigan, qui mesure chaque mois la confiance du consommateur américain. L’indice montre en effet une nette amélioration à 64,1 points, présageant ainsi d’une augmentation de la consommation des ménages à l’approche des fêtes de fin d’année.

Les indicateurs d’activité se sont quant à eux avérés plus décevants, se stabilisant à proximité de leur récent plus bas. Le PMI de la région de Chicago a ainsi reculé de 2,4 points à 58 points, ce qui témoigne du ralentissement de l’économie.

En Europe, la situation macroéconomique reste quant à elle plus pénible. Face au ralentissement économique et au climat de défiance, et malgré les pressions inflationnistes persistantes (+3% en glissement annuel en novembre), le nouveau président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a opté pour une baisse des taux directeurs de 0,25%. Cette mesure devrait donc contribuer à redynamiser l’économie de la zone euro au cours des prochains mois.

La morosité ambiante se ressent d’ailleurs à travers le sentiment économique au sein de la zone euro, mesuré par la Commission européenne. A 93,7 points, l’indice s’est dégradé pour le neuvième mois consécutif, atteignant ainsi son plus faible niveau au cours des deux dernières années.

Du côté des devises
Sur le forex, ces craintes multiples ont incité les cambistes à se réfugier sur le dollar américain, qui s’est apprécié tant face à l’euro (-3% à 1,344$) qu’à la livre sterling (-2,3% à 1,57$) et au franc suisse (-4,1% à 1,094$). Le yen (+0,9% à 0,01289$) s’est quant à lui bien comporté, consolidant à proximité de ses récents records.
Du côté des matières premières
Cette vigueur du billet vert a en revanche mécaniquement pesé sur les matières premières, les plus forts reculs ayant été enregistrés par le cacao (-16,7%), le coton (-9,3%), le sucre (-8,1%) et le soja (-7,1%). L’intérêt acheteur est toutefois resté clairement présent sur le pétrole crude (+7,6%) qui a d’ailleurs renoué avec son seuil symbolique des 100$, tout comme l’or (+2%) qui conserve son statut de valeur refuge.
Conclusion
Bien que la situation au sein de la zone euro ne soit encore résolue, les intervenants ont intégré de nombreux risques depuis l’été dernier, et semblent actuellement excessivement pessimistes. La très vive réaction haussière des marchés actions fin novembre a d’ailleurs pris de court la grande majorité des opérateurs. Les réformes en cours au sein de la zone euro, et les négociations pour l’établissement d’un nouveau mode de gouvernance devraient participer à rétablir la confiance auprès des investisseurs et ainsi apaiser les spéculations sur les dettes souveraines. Par ailleurs, les statistiques encourageantes Outre Atlantique devraient continuer d’inciter les investisseurs à revenir sur les marchés actions, et probablement ainsi permettre la mise en place d’un rallye de fin d’année.
Jérôme Vinerier, CFTe
IG Markets France
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